Siquijor et Panglao – Retour sur les sentiers touristiques

Nous nous levons à 6 heures difficilement après la soirée d’adieu avec Charlie. Je tangue déjà sur la terre ferme, la traversée s’annonce difficile ! Nous rejoignons Roy et notre ami Philippin au bateau et partons en direction de Dauin où les plongeurs d’un hôtel de luxe les attendent. Après une dizaine de minutes, Charlie m’autorise à prendre la barre – un volant Toyota – jusqu’à l’approche des côtes. Je m’amuse comme un petit fou, tentant de maintenir le cap malgré le courant et les creux de près d’un mètre. Lorsque nous débarquons à Dauin, notre ami nous emmène à la cantine locale, où nous mangeons des aubergines, du porc et du riz en guise de petit-déjeuner. Pendant ce temps, Charlie achète de quoi manger pour l’équipage, en prévision de leur longue journée sur les flots. Nous en profitons pour lui offrir du calamar, un petit geste amical pour le remercier de l’expérience exceptionnelle qu’il nous a offerte. Nous prenons ensuite un Jeepney en direction d’Atmosphere Resort, un hôtel de luxe – 13 000 pesos la nuit, soit plus de 215 euros – pour nous renseigner sur un potentiel job en webmarketing. Malheureusement le gardien ne nous laisse pas entrer car nous n’avons ni réservation ni rendez-vous … Nous repartons donc bredouille et prenons un bus jusqu’à Dumaguete. Une fois arrivé, nous suivons les conseil de Charlie et montons dans un tricycle sans négocier le prix. À l’arrivée, nous donnons seulement 20 pesos, soit un tout petit peu plus que le tarif réglementaire. À l’aller, nous ne savions pas que les prix étaient fixés par la loi et avions difficilement négocié le même trajet pour 120 pesos ! Nous montons ensuite dans le ferry en direction de Siquijor. Nous sommes surpris de voir une borne Wi-Fi et en profitons pour renouer avec WhatsApp, donnant des nouvelles à nos familles, laissées sans nouvelles depuis près d’une semaine. Arrivés au port de Siquijor, nous marchons vers la station de Jeepney où nous prenons un de ces bus locaux jusqu’à San Juan pour 20 pesos chacun. Comme le véhicule est déjà plein à craquer, le conducteur installe un petit banc en bois dans l’étroite allée centrale pour que Rébecca puisse s’asseoir tandis que je monte sur une petite plateforme métallique à l’arrière : c’est parti pour un trajet debout, les cheveux au vent !

Nous arrivons à San Juan, petite ville sur le côté Est de l’île et nous mettons immédiatement en quête d’une auberge. Nous avions repéré Adventura B&B et commençons par là. Malheureusement ils n’ont pas de place pour la nuit, le propriétaire – un Allemand – nous propose de nous installer dans l’espace commun pendant qu’il va chercher une chambre de libre dans les auberges voisines. Encore une fois, c’est une déception : rien dans notre budget. Nous comprenons qu’il n’est allé voir que certaines auberges et partons donc chercher par nous-mêmes, laissant nos sacs chez lui. En moins de cinq minutes, nous trouvons une chambre dans le Centre de développement de San Juan et retournons à Adventura pour passer l’après-midi, subissant les conséquences de notre manque de sommeil. Johannes, le propriétaire se montre aimable, nous indique les endroits à visiter et nous propose une chambre pour le lendemain. Nous acceptons sa proposition mais, alors que l’après-midi passe, nous nous rendons compte que son discours est bien rodé : il raconte la même chose à tout le monde. Par ailleurs, il se plaint des clients qui ne demandent pas grand chose de plus qu’un service normal pour une auberge et nous comprenons vite que sa sympathie apparente est en fait de la fausse gentillesse, vouée uniquement à faire tourner son commerce. Nous préférons donc annuler notre réservation et partons dîner autre part, chez Luka Loko. Ce restaurant, tenu par un Italien, propose une cuisine fusion italiano-philippine. Rébecca se laisse tenter par un poke-bowl, salade à base de riz, légumes frais et thon mariné. De mon côté, je goutte aux boulettes de viande revisitées à la sauce philippine. En fin de repas, nous rencontrons Luka, le propriétaire, et discutons de son histoire d’amour avec l’île de Siquijor où il a établi domicile depuis plus de trois ans. Il nous conseille quelques auberges où nous pourrions loger le soir suivant.

Le lendemain, nous nous rendons à Marco Polo, une auberge-restaurant donnant directement sur la plage de San Juan.

Sur 200 mètres, seulement 10 centimètres d’eau !

Nous nous renseignons pour réserver une chambre, mais cela s’avère compliqué. Un petit déjeuner et une heure de farniente dans le hamac plus tard, Rodolpho, le propriétaire, Uruguayen d’origine, nous annonce qu’aucune chambre ne s’est libérée. Bien lancé dans notre journée de fainéantise, nous restons dans les hamacs, les quittant seulement pour une petite session de snorkeling. Au coucher de soleil, les touristes défilent sur le cocotier le plus photogénique du coin, prenant chacun leur photo à cheval sur l’arbre courbé par le vent.

Coucher de soleil depuis Marco Polo

Nous retournons au restaurant de la veille pour essayer les pommes de terres Loko et le plateau de charcuterie italienne qui s’avère décevant par ses toutes petites portions malgré un prix exorbitant.

Lendemain matin, direction Marco Polo pour un petit déjeuner copieux puis session de snorkeling.

En sortant de l’eau, j’attrape un petit crabe de sable et, alors que je le montre à Rébecca, un Indien s’approche de nous accompagné de sa femme Polonaise. Alors que nous pensions partir rapidement pour louer un scooter et faire le tour de l’île, nous discutons pendant deux heures avec ce couple singulier. Patron d’une entreprise de voyage depuis plus de dix ans, Shibah nous explique comment ils vivent entre Cracovie et Bali, ponctuant leur vie de voyages pendant lesquels il repère de nouveaux endroits où emmener ses clients. Sa spécialité ? L’authenticité : il met un point d’honneur à emmener ses clients dans des coins reculés, leur permettant de rencontrer les locaux et de découvrir des lieux où peu de touristes vont. À la fin de notre longue discussion, il est déjà 12h. Nous décidons de repousser notre escapade au lendemain et profitons des hamacs de Marco Polo, allant nager quand l’envie nous en prend.

Sieste sous les cocotiers

Le soir venu, nous essayons un nouveau restaurant : Le Baha Bar, un lieu plein de charme où nous dînons aux chandelles pendant que le « Ray Charles » local entonne des chansons en espagnol et en Visaya. Je goûte à l’IPA maison, un peu salée à mon goût mais tout de même intéressante par ses différences surprenantes en comparaison à une IPA classique.

Après une bonne nuit de sommeil, nous sommes prêts pour notre échappée sur les routes de Siquijor. Malheureusement, difficile de trouver un scooter : la majorité a été louée et il ne reste plus que des enseignes qui veulent nous facturer le casque supplémentaire. Nous déclinons les offres et rentrons à l’auberge, où la tenancière nous trouve un deux roues au bon prix : 300 pesos, casques inclus. C’est parti pour une longue balade le long des côtes. Nous nous perdons dans les petits chemins et trouvons une plage vierge, aucun touriste à l’horizon.

Drôle de coupe !

Sans hésitation, nous partons nous baigner mais renonçons rapidement à cause de la très mauvaise visibilité. Nous repartons de plus belle et nous arrêtons ici et là, sur les plages non indiquées sur la carte, évitant les autres, souvent payantes, bétonnées et bondées.

La plage, parsemée de mangrove

Après Larena, nous tournons à gauche pour rejoindre les hauteurs de Siquijor, montant sur une des collines les plus hautes de l’île. Malgré un panorama à 360°, la vue n’est pas incroyable à cause de l’épaisse couche de nuages noirs qui cachent les îles voisines. Nous reprenons la route jusqu’au sanctuaire de papillons tenu par l’expert philippin en la matière. Son petit jardin personnel regorge de papillons, chenilles et libellules. Nous passons un long moment à les photographier avant de repartir vers San Juan.

Une fois arrivés à l’auberge, nous prenons une rapide douche puis partons manger au Rastaman Grill. Alors que nous venons de commander à manger, nous voyons arriver Renaud et Lucie, deux Français que nous avions rencontré à Hanoï ! Nous les invitons à se joindre à nous et passons la soirée à discuter avec eux, étonnés de les voir ici, eux qui devaient encore être au Vietnam. Nous nous séparons vers minuit, après leur avoir chaudement recommandé l’île d’Apo et expliqué comment s’y rendre.

Aujourd’hui, nous partons sur Bohol, l’île des Tarsiers et des collines de chocolat. Nous prenons un Jeepney jusqu’à la ville de Siquijor puis un tricycle – que nous partageons avec sept locaux – jusqu’à Larena. Nous prenons nos billets pour le ferry et attendons le départ dans un petit restaurant où nous mangeons pour 65 pesos en tout.

Il est l’heure de prendre le ferry, nous passons les contrôles comme si nous prenions l’avion et déposons nos sacs pour qu’ils les mettent en soute. C’est bien sûr l’occasion de nous faire payer un supplément de 40 pesos par sac, alors que nos bagages respectent les conditions annoncées par la compagnie. 1h30 de navigation plus tard, nous débarquons sur l’île de Bohol et découvrons la manière philippine de rendre les bagages aux voyageurs : ils déchargent tous les bagages en tas pendant que chaque client parqué derrière des barrières tentent d’attirer l’attention d’un des manutentionnaires pour récupérer son bagage. Après cette comédie qui nous aura pris plus d’une heure, nous prenons un tricycle avec deux Françaises rencontrées sur Apo, direction la gare des Jeepneys. Une fois là-bas, nous attendons notre bus local qui arrive dix minutes plus tard. Nous montons dans le véhicule qui se remplit en moins de deux minutes puis partons sur Panglao, île voisine de Bohol reliée par un pont. Une fois sur place, nous cherchons une auberge, pensant trouver un petit établissement sans réservation. Malheureusement, à cause du nouvel an chinois, impossible de trouver chaussure à notre pied. Nous marchons pendant deux heures, nous arrêtant dès que nous voyons un hotel. Tout est plein, nous commençons à entrevoir une nuit sur la plage … Pour couronner le tout, les tricycles ne veulent pas nous prendre au prix réglementé et nous demandent plus de dix fois le tarif normal. Nous finissons par trouver une chambre familiale pour 2000 pesos, soit plus de 35 euros, le plus cher que nous ayons à débourser à ce jour pour une nuit en Asie. Nous nous installons à l’hôtel la mort dans l’âme, tentant de trouver autre part où dormir le lendemain malgré le Wi-Fi de très mauvaise qualité. Nous finissons par nous décider à partir directement sur l’île de Pamilacan, au large de Bohol afin de quitter cette île maudite bondée de chinois. Notre soirée s’améliore avec la rencontre d’un couple de Français. Nous discutons avec eux jusqu’à minuit et les invitons à dormir dans notre chambre, pour leur éviter une nuit en dortoir et leur permettre de profiter d’une douche chaude.

Demain, départ pour Pamilacan, en espérant trouver une île tranquille où nous nous sentirons mieux.

6 Replies to “Siquijor et Panglao – Retour sur les sentiers touristiques”

  1. Belle plume
    Un pingouin pour vous rafraîchir 🐧
    Profitez bien 😚

    Benoît, Papy et Mamy

  2. Félicitation Rebecca tu es prudente vis à vis du soleil !!! se mettre à l’ombre est bien .
    Qu’est ce l’IPA ? qu’est ce un jeepney ?

    1. Je suis prudente car ma peau et le soleil ne font pas bon ménage!
      L’IPA veut dire Indian Pale Ale, c’est un type de bière et Alban en raffole ! Le jeepney est l’un des moyens de transport les plus utilisés aux Philippines. C’est une sorte de petit bus souvent plein à craquer et qui s’arrête n’importe où sur son chemin pour récupérer et déposer des passagers.

  3. Coucou du couple de Français !! Merci encore pour le squat haha

  4. Hi Rebecca & Alban,
    I have enjoyed a lot reading your adventures, thank you for sharing them!
    I hope we can cross our paths again somewhere in the future, it was great meeting you at the top of the mountain in Nong Khiaw.
    Be safe guys and make the most of your trip!
    John

  5. Acheter Du Amoxicillin En Ligne viagra online Cialis Ohne Rezept Hannover Viagra 500mg Canada

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