Apo Island – Notre petit paradis sur terre

Départ de Moalboal à 7h30 pour une grosse journée de voyage : sept moyens de transport différents ! Pour commencer, nous prenons un tricycle jusqu’à l’arrêt de bus du village puis nous montons dans un car puis un deuxième « side-car » philippin pour rejoindre Liloan où nous prenons un ferry jusqu’à Dumaguete. À notre arrivée, c’est rebelote : tricycle puis bus jusqu’à Malatapay où nous devons prendre un petit bateau jusqu’à Apo, minuscule île perdue aux milieux des Philippines. Nous montons sur l’embarcation de Charlie, un local ayant vécu près de 12 ans à Saint Etienne. De retour sur son île natale depuis un an après un douloureux divorce, ce maçon de formation fait maintenant traverser touristes et locaux de Malatapay à Apo. Il met nos sacs dans la cale en nous prévenant que la traversée va être … Humide ! C’est le moins qu’on puisse dire : dès les premières vagues, nous sommes trempés de la tête aux pieds ! Nous sommes prévenus pour le retour, mieux vaut mettre un maillot de bain ! Nous naviguons pendant trente minutes sur la mer agitée, appercevant petit à petit Apo à travers l’épaisse brume. Lorsque nous débarquons sur l’île, nous découvrons une île sauvage, peuplée de 1200 habitants tout de même ! Ici, pas de motos, pas de Wi-Fi, et presque pas d’électricité : quatre heures par jour pour recharger les portables mais c’est tout !

Nous discutons un peu avec Charlie, qui nous invite à boire un coup chez lui dans la soirée. Il nous emmène ensuite à la capitainerie pour nous enregistrer puis nous trouve un hôtel.
Nous prenons une rapide douche avant de le rejoindre en passant par la plage. Avant le réconfort, l’effort : Charlie propose de nous faire visiter son île natale. Nous passons à travers le village puis au bord d’un lagon avant de marcher sur la plage du sanctuaire marin, fermé depuis le typhon d’il y a huit ans. Nous allons ensuite acheter quelques bières et commençons l’apéro.

Nous le quittons à 19 heures, notre repas étant déjà réservé à l’auberge. Nous mangeons rapidement nos filets de poulets et retournons chez lui pour continuer la soirée. Nous partageons trois bouteilles de rhum avec Charlie, Bodeuil, Rolando et Jewbie, son frère.
Nous buvons à la manière philippine : un seul verre pour tout le monde. Une seule personne est autorisée à servir : c’est le ganer. Il décide dans quel sens le verre tourne et chacun boit cul sec pour ne pas faire attendre les autres. Nous passons une très bonne soirée et, malgré le fait qu’il parle à peine anglais, Bodeuil, le maître maçon du village, nous invite à goûter les crabes de terre le lendemain dans sa cabane sur les hauteurs d’Apo.

Grâce à ses douze ans passés en France, Charlie a une double vision, ce qui nous permet de poser beaucoup de questions sur son pays et de partager notre choc culturel sans craindre qu’il ne se vexe. Il nous raconte son arrivée à Lyon et sa première fois à Paris, des expériences désopilantes démontrant la difficulté pour un Philippin de s’expatrier en France, lui qui n’avait jamais pris ni avion, ni train, ni métro ! Nous rentrons nous coucher vers 22h, avant l’extinction des feux.

Le lendemain matin, nous profitons de la terrasse de Mario, trop fatigués pour plonger. Rébecca est de plus en plus malade et nous sommes bientôt à cours d’ibuprofène … Nous nous mettons alors en quête de médicaments et en trouvons dans un des quarante magasins du village. Ici, on ne vend pas des boîtes, tout s’achète à la pillule : 7 pesos par comprimé. Nous nous baladons ensuite dans le village, empruntant les minuscules chemins entre les maisons en bois.

Bienvenue sur l’île d’Apo !

Nous arrivons sur la plage et continuons jusqu’à trouver un petit chemin dans la roche, nous amenant sur la plage privée de l’hôtel le plus luxueux de l’île. Composé de charmants petits bungalows avec hamac et transat, l’endroit respire la tranquilité et la farniente. Nous nous renseignons sur les prix, plus de 2000 pesos la nuit !

Nous allons ensuite chercher à manger dans le village mais il n’y a aucun restaurant local avec des gamelles ! Nous finissons donc au Liberty Lodge, un hôtel constitué d’une dizaine de petites terrasses en quinconce, avec vue sur la mer.

Retour à l’auberge pour une longue sieste avant de rejoindre Charlie chez lui pour monter au phare. Malheureusement, il risque de pleuvoir donc Bodeuil repousse la dégustation de crabes au lendemain. Tant mieux pour Rébecca car elle ne sentait pas la force de monter les 362 marches menant à la cabane de Bodeuil. Elle part donc se recoucher et me laisse avec Charlie. Nous partageons quelques bouteilles de rhum avec Roy et allons au terrain de basketball pour la traditionnelle soirée du samedi soir. Encore une fois, je rentre avant l’extinction des feux, bien fatigué par le Tanduay.

Lendemain matin, c’est plongée ! Rébecca se sent un peu mieux et nous plongeons pour la première fois avec Mac, un des moniteurs de plongée de Mario. Cette fois-ci, nous allons à Rock point, un endroit où l’on a la chance de voir un thon, de nombreux poissons et deux tortues. L’une d’elle est au fond de la mer, couchée sur la sable complètement immobile. C’est la plus grosse que l’on ait jamais vu, au moins un mètre de longueur ! La plongée est magique, en particulier grâce à la visibilité incroyable : l’eau est complètement cristalline. Nous retrouvons rapidement nos sensations et nous émerveillons à chaque instant de la diversité de l’écosystème ; c’est comme plonger dans un aquarium, mais en mieux ! Nous sommes tellement ravis que nous décidons de plonger une seconde fois dans la journée.

En attendant notre deuxième dose de profondeurs, nous assistons à la fête de Santo Nino. Pour cette célébration en l’honneur de l’enfant Jésus, les locaux organisent une parade dans tout le village ainsi qu’un tour de l’île sur des bateaux décorés accompagnés de musique traditionnelle.

Malgré la beauté de cette expérience, nous n’y assistons pas jusqu’à la fin, car nous avons grand besoin d’une petite sieste avant la plongée de l’après-midi.

C’est parti pour l’exploration de Chapel, un spot à l’ouest de l’île où l’on descend le long d’un grand mur pour trouver un poisson crapaud, immobile sur son rocher, ainsi que des poissons scorpions. Cette fois-ci, pas de tortues, mais tout autant de poissons. Nous voyons des bancs de gros poissons passer juste à côté de nous : impressionnant !

Retour sur la terre ferme après 45 minutes d’apesanteur aquatique. Nous repartons tout de suite à l’eau pour nager avec les tortues le long de la plage. Nous ne sommes pas déçus, nous en voyons 6 différentes, nageant et mangeant du plancton. Elles ne sont pas farouches et nous laissent nous approcher à quelques centimètres, sans que cela ne les dérange !

Une fois notre session de snorkeling terminée, nous nous préparons pour rejoindre Charlie et monter au phare. Cette fois, le beau temps est au rendez-vous ! Nous montons donc les 362 marches nous séparant de la cabane de Bodeuil. Nous déposons les affaires chez lui et allons nous balader sur la montagne. Charlie nous amène à un point de vue où nous pouvons voir le deuxième village d’en haut, puis nous amène sur l’emplacement de sa future maison où quatre piliers en béton témoignent de la future existence de son habitation.

Vue sur le village au coucher de soleil

La nuit tombe alors que nous arrivons au phare, nous retournons alors chez Bodeuil pour commencer l’apéro. Au lieu des graines de courges que nous mangions habituellement pour accompagner le Tanduay, nous avons le droit aux crabes de la veille, cuisinés avec de la noix de coco.

A table !

Pendant que nous nous régalons, Bodeuil part chasser notre repas dans la forêt. Nous aurions bien voulu le suivre mais il ne veut pas, car c’est trop dangereux avec les serpents venimeux qui y rôdent. Nous le voyons revenir trente minutes plus tard en combinaison d’apiculteur, un sac à la main. Il verse son butin dans une casserole : 6 petits crabes noir et violet, avec des pinces disproportionnées !

Il enlève la terre en les frottant frénétiquement avec de l’eau et fait même exprès de se faire pincer pour nous faire rire. Le crabe ne lâchant pas, il est obligé de lui arracher la pince, puis de la mordre pour la casser afin de se libérer de son emprise !

S’en suit un long moment en cuisine pendant lequel Rébecca et Bodeuil échangent, malgré les incompréhensions. Faisant comme chez elle, elle ouvre tous les récipients , découvrant des crabes cuisinés le matin que notre chasseur avait oublié ! Il nous les amène donc pour que nous puissions continuer à grignoter en attendant le repas.

Pendant que Rébecca et Bodeuil cuisinent, Charlie me raconte la fois où il a invité ses parents à Manille. Revenant de France avec sa compagne, il surprend ses parents en leur offrant un billet d’avion et un séjour dans un hôtel de luxe de la capitale. Pour eux qui n’avaient jamais quitté l’île d’Apo, c’est une expérience unique, parsemée de moments drôles et attendrissants causé par leur totale innocence. Alors que Charlie avait pris soin de leur réserver deux places côte-à-côte dans l’avion, le père de Charlie ordonne à sa femme de se mettre de l’autre côté de l’appareil, pour équilibrer l’avion !

Arrivés à Manille, ils se retrouvent face à un escalator menant à l’hôtel. Chez eux, la coutume est d’enlever les chaussures en arrivant chez quelqu’un. Le père enlève alors ses tongs en bas de l’escalier mécanique ! Charlie lui explique alors que cela ne se fait pas ici et descend les chercher. Une fois dans le hall de l’hôtel, nouvelle expérience : l’ascenseur. Au moment où les portes se referment, le père sort les sacs de la cabine, de peur que ce soit trop lourd ! Encore une fois, Charlie est forcé d’aller chercher ce que son paternel a laissé derrière lui. Arrivée dans la chambre, tout va bien. Dix minutes plus tard : « toc toc toc ». Charlie ouvre et demande à son père ce qu’il se passe.

« On peut pas dormir, le lit bouge quand on s’allonge ! »

Pas étonnant de la part de quelqu’un qui a dormi sur une savate à même le sol et qui découvre un lit moelleux. Charlie lui répond de dormir sur le carrelage ! Un peu plus tard : « toc toc toc ».

« Mais papa, qu’est-ce qu’il y a encore ?!

– J’ai besoin d’aller aux toilettes.

– Mais il y a des toilettes dans la chambre !

– Oui mais je sais pas comment ça marche …

– Tu appuies sur le bouton !

– Oui mais il y a deux boutons, un plus et un moins, je sais pas sur lequel il faut appuyer, j’ai peur de casser les toilettes.

– N’importe lequel, ça fonctionne, tu verras ! »

Encore un peu plus tard : « toc toc toc »

« Mais papa, qu’est-ce qu’il y a encore ?!

– La douche est trop chaude !

– Mais ça se règle papa !

– Ah bon ? Je sais pas comment faire, tu peux m’aider ? »

Charlie s’exécute et montre à son père comment faire fonctionner le thermostat à plusieurs reprises, son père n’ayant jamais vu de douche chaude de sa vie. Le lendemain matin, son père frappe encore à la porte :

« Charlie, je veux prendre un café.

– Ok papa, on descend au restaurant de l’hôtel.

– Non non, ta mère a amené des dosettes.

– Tu les utiliseras plus tard, ça se fait pas ici.

– Mais le café est déjà fait !

– Comment ça ? Vous avez même pas de bouilloire !

– Bah j’ai utilisé l’eau de la douche, comme tu m’as montré hier soir ! »

Pour conclure cette histoire, Charlie m’explique à quel point son père est reconnaissant de lui avoir permis de voyager une fois dans sa vie. Sans lui, il n’aurait jamais pris l’avion ni eu toutes ces expériences désopilantes. Cela me fait prendre conscience à quel point la vie des locaux peut être différente de la nôtre, bien plus que je ne l’aurais imaginé.

Nous passons ensuite à table et dégustons les délicieux crabes cuisinés par Bodeuil et son assistante. Nous finissons la soirée dans la bonne humeur et trouvons un surnom à notre hôte chasseur de crabe : Ninja Bodeuil ! Nous rentrons à l’auberge vers 22h30, à la lumière de nos frontales.

Le lendemain, Rébecca ne sent pas bien. Elle insiste pour que je plonge sans elle car c’est une plongée à ne pas manquer : Coconut, une drift dive, à savoir un endroit où le courant est tellement fort qu’on « dérape » le long du mur. C’est une expérience unique ! Pendant cette exploration sous-marine, j’ai la chance d’observer de nombreux bancs de poissons, des barracudas, un serpent de mer et même un drôle de phénomène : des bulles de gaz sortant du sable, signe d’activité volcanique, à en croire Mac, notre moniteur.

À mon retour, Rébecca ne se sent pas mieux, nous annulons alors la plongée de l’après-midi en espérant être plus en forme le lendemain.

Nous passons l’après-midi au Liberty Lodge à jouer aux cartes et à écrire dans nos carnets respectifs, tout en profitant de la vue.

Coucher de soleil garanti sans retouche

Le soir, nous allons chez Charlie et prenons l’apéro avant d’aller jouer au billard au Karaoké du village. Pendant que la majorité des locaux chantent à tue-tête, Benji et Charlie nous apprennent à jouer ! Vers 22h30, nous entendons la cloche sonner : c’est le couvre feu. Quelques minutes plus tard, nous appercevons la milice de l’île faisant la ronde pour s’assurer que tout le monde est rentré chez soi. Nous qui n’avions encore jamais entendu parler de cette règle sommes assez surpris de cette discipline de fer !

Le Lendemain, Rébecca se sent mieux. Nous nous préparons donc pour la plongée de 11h avec Mac. Malheureusement, une fois arrivé à 9 mètres de profondeur, mes tympans ne claquent plus, provoquant une forte douleur. Mac me fait remonter un peu pour me permettre d’équilibrer la pression, puis nous redescendons. Nous répétons l’exercice une dizaine de fois pendant que Rébecca nous attend au fond, mais rien n’y fait ! Mac me ramène au bateau après avoir fait signe à la palanquée de l’attendre sans bouger. Il revient les chercher cinq minutes plus tard, la plongée peut alors commencer. En suivant le fond sablonneux extrêmement pentu, ils s’enfoncent jusqu’à 18 mètres et observent de très jolies choses : un crabe orang-outan, une tortue et un poisson lion. Vers la fin, Rébecca n’arrive plus non plus à équilibrer la pression dans ses oreilles, elle fait signe à Mac qui lui fait comprendre qu’il a le même problème. Ils descendent encore un peu mais pas d’amélioration : il est temps de remonter à la surface. Je les vois ressortir de l’eau après cinquante minutes de plongée, ravis de ce qu’ils ont vu malgré les difficultés rencontrées.

Ayant tous les deux mal aux oreilles, nous décidons de ne pas plonger dans l’après-midi. J’offre une bière à Mac et nous allons ensuite manger chez lui. Au menu : barbecue de porc et poulet. Il nous offre des bières et nous passons deux heures à discuter de sa vie, de son travail et de son amour de la plongée. Après ce bon moment, nous allons voir Charlie, qui vient d’apprendre qu’il a été accepté en tant que guide pour le snorkeling avec les tortues. Nous fêtons ça avec – encore – du Tanduay. Nous prévoyons un barbecue de poissons pour notre dernier soir. En attendant la soirée, repos et jeux de carte à l’auberge.

Notre divertissement en attendant le repas

De retour chez Charlie, nous attendons que le soleil couche pour que son frère et son cousin aillent pêcher au harpon, éclairé d’une lampe torche. Si ils n’attrapent rien, pas de repas ! Pendant qu’ils sont dans l’eau, nous prenons l’apéro avec Roy, Bodeuil et son fils. Une heure et demie plus tard, les voilà de retour avec un sacré butin ! Cela nous fait mal au cœur de découvrir des poissons qui nous émerveillaient la veille finir sur le barbecue …

Il est pas frais mon poisson ?

Malgré tout, nous nous régalons avec les poissons, même si c’est beaucoup d’effort pour un maigre repas ! Nous finissons la soirée vers deux heures du matin, fatigués par le rhum local. Le lendemain, il faut se lever à six heures afin de ne pas manquer notre bateau partant vers Dauin !

Le récit de nos aventures aquatiques à Apo Island en vidéo :

7 Replies to “Apo Island – Notre petit paradis sur terre”

  1. Rebecca malade !! fais comme Alban bois du rhum …

    1. Je suis malade depuis la fin du Vietnam… Il semblerait que je ne boive pas autant de rhum qu’Alban !

  2. nous continuons a vous suivre…. nous espérons que rebecca va mieux. gros bisous de nous deux

    1. Merci ! Rebecca va un peu mieux mais ce n’est pas encore ça !

  3. Mais que veut dire snorkeling ?
    les couchers de soleil trop trop beau .
    Hum du crabe ;;; quant au rhum vous avez du vous délecter ;;;
    J’espère que Rebecca va mieux .Ah c’est le départ de la moto qui la chamboule !!!!

    1. Snorkeling veut dire nager avec un masque et un tuba.
      Nous ne nous lassons pas des couchers (ni des levers) de soleil… Et je vais enfin mieux, merci !

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