Vietnam, nous voilà – De Nong Khiaw à Ninh Bihn

Départ à 10 heures en direction de Muang Khua, notre dernière ville étape avant la frontière vietnamienne. Nous avons le choix entre 250 kilomètres via la route principale ou moins de 100 sur un chemin secondaire. Nous fiant à nos précédentes expériences, nous choisissons la deuxième option, pensant gagner deux heures ! Après 50 kilomètres de chemins larges et très entretenus, nous nous disons que c’est dans la poche ! Mais c’était sans compter les 47 restants … Alors que nous commençons à attaquer les montagnes, le sentier se fait de plus en plus étroit, de nombreuses ornières et de profondes rigoles nous servant à présent de terrain de jeu. Dès la première côte, la roue avant se soulève pour retomber dans une fissure, provoquant inévitablement notre chute. Nous sentons bien que cela ne va pas être une partie de plaisir, mais persévérons tant bien que mal, manquant de tomber très régulièrement. Les côtes sont tellement fortes que Sunrise n’arrive pas à supporter notre poids, provoquant des situations désopilantes : à mon signal, Rébecca saute de la moto pendant que je débraye, se positionne derrière Sunrise pour l’aider à redémarrer sans caler. La pauvre doit bien souvent monter à pieds … Lorsque nous croisons des ruisseaux, Rébecca traverse pieds nus alors que je passe à moto, trempant les sacs par la même occasion.

Route Laotienne

Au bout d’une heure, nous avons seulement parcouru cinq malheureux kilomètres ! Nous avançons tant bien que mal à travers la végétation, nous trompant souvent de chemin, trop concentrés sur le terrain pour voir les minuscules croisements dérobés dans la flore luxuriante. Après avoir grimpé et descendu trois montagnes, nous attaquons les quinze derniers kilomètres alors que la pluie commence à tomber. Le chemin se transforme en champ de boue, provoquant une nouvelle chute, digne d’un film Hollywoodien : nous glissons sur le côté et tournons sur nous même sur 6 ou 7 mètres ! Heureusement, rien de cassé, nous nous en tirons juste avec quelques bleus. Pendant les prochains kilomètres, Rébecca marche alors que je tente d’avancer à moto sans tomber, les pieds glissants sur les côtés tels les skis d’une motoneige pour me stabiliser. La plupart du temps, je glisse en travers de la route, la roue bloquée par la boue. Ce calvaire dure pendant une dizaine de kilomètres, Sunrise et moi mordant la poussière plus de fois que je ne pourrais le compter.

Alors que nous sommes presque à destination, la boue laisse place à des rochers, mouillés mais plus stables que la boue. Rébecca remonte en selle et nous parcourons , fébriles, les derniers virages qui nous séparent de Muang Khua. Cela nous aura pris sept heures et une réparation de porte bagages pour y arriver !

Certaines galères valent le coup d’être vécues

Nous posons les bagages dans une auberge sans prétention et partons manger, affamés par la route. Après un riz frit et une soupe de nouilles, extinction des feux.

Lendemain matin, 6 heures. Nous partons aux aurores pour la frontière, échaudés du chemin de la veille.

En allant à Dien Bien Phu

Alors que nos recherches indiquent une route en mauvais état jusqu’à Dien Bien Phu, la montée jusqu’au poste de douane laotien se révèle excellente.

Dernière vue panoramique au Laos

Nous sommes arrêtés par la police quelques kilomètres avant la frontière, qui vérifient simplement nos papiers avant de nous laisser partir. C’est la première fois que cela nous arrive ! À dix heures, nous donnons nos passeports et la carte d’identification de Sunrise au douanier qui les valide en cinq minutes, sans demander de pot de vin ! Je pousse la moto à travers la frontière symbolique et rejoins Rébecca qui m’attend de l’autre côté. Nous sommes surpris de la facilité de notre passage mais gardons notre calme car le poste vietnamien nous attend à quelques kilomètres ! Lorsque nous y arrivons, les douaniers se révèlent aimables et ne demandent pas non plus d’argent. Notre visa vietnamien validé, nous faisons une pause pour célébrer cette petite victoire. Nous reprenons ensuite la route jusqu’à Dien Bien Phu sous une fine bruine transperçante, admirant les rizières en terrasses, dont certaines sont vertes à en faire pâlir des pommes.

Nos premières rizières en terrasses

Arrivés à destination, nous ne trouvons aucune des trois auberges repérées la veille. Nous zigzaguons à travers les rues jusqu’à en trouver une à 200 000 Dongs – 8 Euros – la nuit. Nos affaires posées, nous partons à la recherche d’un Bo Bun, salade vietnamienne à base de laitue, vermicelles de riz et bœuf sauté. Nous commandons alors un Bun Bo dans une petite échoppe, qui se révèle être quasiment la même chose … Mais en version soupe ! Apparemment, la recette que nous connaissons ne se fait que dans les endroits touristiques … Quoi qu’il en soit, nous mangeons notre soupe, en prenant soin d’éviter les morceaux de viande non identifiée, de peur que ce soit du chien !

À notre retour à l’auberge, nous discutons avec le gardien de nuit, qui nous parle de son vrai métier : cultivateur d’asperges ! Il nous montre des photos de ses récoltes et de ses champs, expliquant avec passion son activité pendant qu’il remplit nos tasses de thé. À notre tour, nous parlons de notre voyage et lui offrons une cigarette Laotienne, qu’il allume immédiatement, ravi de goûter à des cigarettes étrangères.

Le lendemain, nous partons pour Son La, nouvelle ville étape de notre périple jusqu’à la « baie d’Halong terrestre ».

Les rizières de Dien Bien Phu

La météo n’est toujours pas de notre côté, nous roulons donc couverts de nos ridicules capes de pluie violettes, faisant attention de ne pas glisser sur les ralentisseurs placés dans les virages. Nous sommes encore dans les montagnes, les cols se succèdent. Parfois, nous sommes tellement haut que nous traversons les nuages ; la pluie s’arrête mais un froid glacial s’installe.

Parés pour la pluie !

Vers midi, nous cherchons à manger un morceau pour nous réchauffer mais il semblerait que tous les restaurants que l’on croise sont fermés ! Nous achetons deux morceaux de pain et une saucisse dans un village mais partons précipitamment à cause d’un Vietnamien un peu trop insistant. Nous nous arrêtons donc à quelques kilomètres de là, en face d’un magasin et commençons à manger notre repas de fortune quand je vois une dame nous faire signe de l’autre côté de la route. Elle nous donne une chaise, verse un peu d’eau chaude dans sa théière et nous en sert une tasse sans prendre le temps de l’infuser ! Nous commençons à discuter et faisons connaissance avec son mari, son fils et sa mère. Nous nous appercevons qu’ils vendent des nouilles instantanées, et demandons si l’on peut en acheter pour les manger sur place. La femme nous prépare alors le repas, pendant que nous buvons tasse de thé après tasse de thé, tentant de nous réchauffer malgré nos habits détrempés.

Après la soupe de nouilles la plus satisfaisante de notre vie, nous repartons le cœur léger de cette rencontre étonnante. Nous arrivons à Son La quelques dizaines de kilomètres plus tard, trempés jusqu’à l’os. Nous profitons d’une bonne douche chaude avant de tenter une réparation du klaxon, ne fonctionnant plus depuis la veille. Je démonte le phare avant avec mon couteau suisse et commence à trifouiller les câbles. Deux minutes plus tard, les deux employés de l’auberge sont autour de la moto, intrigués. Je leur fait comprendre que le klaxon ne fonctionne pas. Ils me regardent d’un air amusé pendant que j’inspecte les câbles. Je finis par trouver et répare la panne à la Laotienne : avec du scotch ! Nous allons ensuite manger un Bun Cha, une soupe de nouilles au porc agrémentée de boulettes de bœuf avant de nous coucher tôt, fatigués à l’avance de la route du lendemain.

Départ à 10 heures après une bonne nuit de sommeil en direction d’une ville étape sans nom, à 150 kilomètres de San Lo. Malgré la météo, nous parcourons rapidement le premier tiers avant de faire une pause dans un café au bord de la route. La femme nous sert un thé glacé – au lieu d’un thé chaud – et un café vietnamien, à savoir une petite tasse en métal posée au dessus d’un verre en guise de filtre. Le problème de cette méthode est l’incroyable lenteur à laquelle goutte le précieux liquide : j’attends vingt minutes avant de boire un café froid …

Nous repartons, déçus de cette pause et un peu démoralisés par la pluie qui semble nous poursuivre depuis plusieurs jours. En cours route, nous décidons de sauter notre ville étape et tentons de parcourir les 250 kilomètres nous séparant de Ninh Binh dans la journée.

Nous tenons tant bien que mal malgré la pluie et le froid, enchaînant les ascensions glaciales jusqu’à arriver dans la vallée de Hoa Binh où la pluie s’arrête comme par magie ! Il reste toujours une épaisse couche de nuages et il fait toujours froid mais c’est déjà ça de gagné ! Nous nous arrêtons dans un village pour manger, où nous rencontrons Vièt, un jeune Vietnamien parlant très bien anglais. Il nous indique un restaurant et nous y accompagne. La tenancière ne parlant pas anglais, il se charge de passer commande : un riz frit, des soupes et du thé bien chaud ! Il s’assied avec nous et nous fait la discussion pendant notre repas, nous parlant de son projet d’aller étudier au Japon, tout en nous posant des questions sur notre voyage. Nous en venons à parler musique, il est fan d’Ed Sheeran et connait ses musiques par cœur. Au moment de payer, nous lui demandons de nous traduire le prix, mais il règle pour nous l’addition sans que nous ayons pu refuser. Il nous invite ensuite chez lui pour manger un des pamplemousses que son père fait pousser. Sa maman nous installe des chaises et nous prépare le fruit. Nous passons 30 minutes à échanger en rigolant, Vièt servant de traducteur. Elle s’étonne notamment de notre propreté : nous posons tous les déchets du fruit au même endroit sur la table. Elle nous explique alors qu’au Vietnam, la coutume est de tout jeter par terre !

Avant de partir, Vièt nous propose de dormir dans le village mais nous déclinons, espérant toujours arriver à Ninh Binh avant la nuit. Lorsque nous reprenons la route, il est 16h30 et nous avons encore 2 heures de route : ce n’est pas gagné.

La nuit tombe alors que nous traversons des centaines de pains de sucres, nous sommes presque à destination ! Nous arrivons à l’auberge repérée la veille mais elle est complète, nous repartons alors dans les chemins à travers les rizières jusqu’à trouver For You Homestay, un hôtel avec piscine bien au delà de nos moyens. Le prix : 650 000 dongs, soit 26 euros … Je demande alors si il connait une auberge à 250 000 dongs maximum aux alentours, ce à quoi le patron répond en nous proposant la même chambre à 250 000 dongs ! Nous vérifions la chambre avant d’accepter : salle de bain avec douche parapluie, climatisation réversible et même un lit chauffant ! C’est vraiment l’hôtel le plus haut de gamme où nous ayons dormi depuis notre arrivée en Asie.

Nous profitons de la douche chaude avant de fêter notre arrivée avec un white russian et une pina colada.

10 Replies to “Vietnam, nous voilà – De Nong Khiaw à Ninh Bihn”

  1. la routine , la routine , on perd la notion du risque et patatras … mais quelle expérience ..bises

    1. Effectivement, mais c’est finalement ces moments qui sont nos plus beaux souvenirs!

  2. Ah, décidément, le couteau suisse reste un incontournable.

    1. Toujours utile dans les situations délicates ! Malheureusement je pense qu’on va devoir le laisser au Vietnam …

  3. Le ridicule ne tue pas .L’important est de rester au sec et au Chaud relatif!!!!!Moi je les trouve jolies vos capes .
    Quant aux paysages ils sont aussi très beaux .
    Je trouve Rebecca très courageuse à sauter de la moto , de traverser nu pied !!!!
    Le couteau suisse indispensable quand on voyage . j’ai toujours le mien sur moi .

    1. Merci pour ton soutien, effectivement nous ne sommes pas morts de honte ! J’ai bien peut de devoir laisser le couteau suisse au Vietnam, à cause d’un problème d’avion !

      1. Si tu le mets en soute, peut-être peux tu le conserver.

        1. Malheureusement le bagage en soute coûte 70€ ! Mais nous l’avons donné à des amis Français, nous le récupérerons à Paris.

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