Luang Prabang – Nouvel an dans l’ancienne capitale royale

Nous partons de l’auberge à 8h30 après avoir rapidement avalé notre petit déjeuner. Au programme : l’ancienne route reliant Vang Vieng à Luang Prabang, réputée pour ses paysages mais aussi pour ses côtes parmi les plus pentues du Laos. Les travaux de la ligne de train chinoise se font toujours sentir : la route est parsemée de passages en terre, le bord de la chaussée est pris d’assaut par les pelleteuses et engins de chantier en tout genre. Nous arrivons à la bifurcation entre la nouvelle et l’ancienne route 13, nous prenons à gauche, conscients que cet itinéraire sera plus long mais après tout … Nous avons tout le temps du monde, n’est-ce-pas ?

Pour une ancienne voie, à priori non entretenue, l’asphalte est impeccable, lisse et brillante. Nous ne croisons aucun camion, ce qui n’est pas pour nous déplaire ! Nous montons à l’assaut des montagnes et attaquons une pente à 14%, Sunrise commence à peiner. Nous voilà donc en première, à 19 km/h, croisant les doigts pour que notre monture tienne le coup et parvienne à gravir le col. À cette vitesse, nous avons tout le loisir de profiter du magnifique paysage qui nous entoure !

Après 40 minutes de grimpette aussi laborieuse que l’ascension d’une planche salée pour un escargot de Bordeaux, nous nous arrêtons pour laisser Sunrise reprendre son souffle. Nous ne sommes pas encore tout en haut, mais le moteur fume et une odeur étrange se fait sentir. Nous attendons dix minutes en profitant du paysage avant de gravir les quelques centaines de mètres restantes. Au col, nouvelle pause pour notre fidèle destrier. Nous faisons quelques photos au milieu des nuages avant de repartir.

La pire portion est passée, il n’y a presque plus que de la descente jusqu’à Luang Prabang. Sunrise, un peu éprouvée par son ascension, montre des faiblesses en troisième et quatrième, comme si elle ne voulait plus aller vite ! Cela tombe bien car, quelques kilomètres plus loin, la route s’arrête sans prévenir au niveau d’un virage, laissant place à une épaisse couche de terre meuble. En voulant laisser passer un camion arrivant en sens inverse, nous nous enfonçons dans le sol et manquons de tomber. Nous nous écartons et essayons de traverser à notre tour. Malheureusement, avec la pente et ce type de terrain, impossible de rouler à deux. Rébecca descend et me laisse gravir l’obstacle avant de me rejoindre de l’autre côté du virage. Nous repartons de plus belle, toujours limités par la capricieuse Sunrise. Quelques kilomètres de descente plus tard, elle reprend ses esprits et file à toute allure – enfin, à 60 km/h – jusqu’à notre destination.

Nous arrivons à notre auberge 5h30 après notre départ, alors que nous n’avions que 156 kilomètres à parcourir. Nous avons compris la leçon : ne plus escompter faire du 50 km/h de moyenne maintenant que nous sommes dans la partie montagneuse du Laos. Fatigués de la route, nous faisons un rapide tour en ville pour découvrir l’ancienne capitale Laotienne, avant de rentrer manger près de l’auberge et de nous coucher tôt.

Le lendemain matin, nous allons petit-déjeuner en ville, sur une terrasse au bord du Mékong.

Vue sur le Mékong

Nous profitons d’être en ville pour nous balader à pieds – moyen de locomotion suffisamment rare pour être précisé – et entrons dans l’enceinte d’un temple fermé au public. L’ambiance est calme et paisible, bien loin du tumulte de Vientiane.

L’un des 33 temples de Luang Prabang

Pendant que nous déambulons dans les rues et petites ruelles transversales, nous cherchons une auberge afin de ne plus avoir à parcourir les dix kilomètres qui séparent notre Guest house du centre ville. Malheureusement, Luang Prabang est la première destination touristique du Laos : difficile de trouver une chambre à moins de $30, tant pis !

Nous nous installons ensuite à L’Utopia, le bar en vogue de l’ancienne capitale. C’est aussi le seul endroit où l’on peut s’asseoir sur autre chose que des chaises en bois : poufs, matelas, canapés, tout est là pour se détendre !

Nous y passons l’après-midi avant que nos amis Anglais nous rejoignent. Nous buvons une bière ensemble avant d’aller au Lao Lao Garden, un bar avec une cour intérieure aux allures de jungle. Assis au coin du feu, nous savourons quelques jus avant de rentrer nous coucher.

Le lendemain matin, nous retournons en ville pour petit-déjeuner au même endroit que la veille. Nous nous laissons tenter par l’eggerbagel, un bagel œuf – bacon – cheddar : un délice aux saveurs de l’ouest ! Nous allons ensuite réparer les feux de la moto, ne fonctionnant pas depuis notre dernière visite chez le garagiste. Alors que nous pensions simplement changer la batterie, le garagiste nous change – encore une fois – l’alternateur, change la poignée des interrupteurs, différentes ampoules et trifouille des câbles pendant plus de 2 heures. La note est salée : 35 € … Démotivés par cette mauvaise expérience, nous passons l’après-midi à l’auberge avant de nous rendre en ville pour manger … Des pizzas !

Popolo, un restaurant tenu par un breton, ayant ouvert ses portes depuis à peine deux mois, arbore une carte simple et alléchante : nachos maison au feu de bois, pizzas et tarte au citron meringuée.

Nous commençons par un plat de nachos – les meilleurs qu’on ait jamais mangé – accompagnés d’une bouteille de Costières de Nîmes. Nous commandons ensuite une pizza Rustique au saint nectaire et une Margherita au basilic thaï. Pour nos lecteurs parisiens : c’était aussi bon de Pizza Sette !

Un petit air de France en célébrant le nouvel an

Inutile de préciser que nous n’avons plus faim après ces quelques plats, nous qui avons l’habitude ici de ne partager qu’une assiette pour deux la plupart du temps. Cependant, nous ne résistons pas à la tarte au citron. Quelques minutes plus tard, on nous amène une version déstructurée du dessert préféré de Rébecca. Sous une montagne de meringue, parsemée de basilic thaï, se trouvent des morceaux de tarte au citron vert. Nous nous en régalons avant de rentrer célébrer le nouvel an autour de quelques bulles – une bière – que nous ne finirons pas.

1er janvier, 10 heures du matin : nous hésitons entre visiter les cascades à quelques kilomètres de Luang Prabang ou bien tenter notre chance dans les nombreux temples – plus de 30 – qui composent la ville. Nous nous décidons pour la seconde option et commençons par le Mont Phusi, une colline en plein centre de la cité. Nous sommes un peu déçu, vu la prix d’entrée : 2€ par personne. Nous gravissons les quelques 386 marches nous séparant du temple et apprécions le point de vue.

Vue panoramique sur Luang Prabang depuis le Mont Phusi

Les locaux y font des offrandes et libèrent des oiseaux enfermés dans de minuscules cages en bambou. Selon les croyances, cette pratique porterait chance. Malgré les nombreuses sollicitations des vendeuses, nous préférons passer notre tour, ce rituel – un peu barbare – n’ayant pas de signification pour nous.

Nous redescendons et nous baladons dans la ville, à travers les marchés et les temples que nous croisons. Après une pause déjeuner bien méritée, nous allons nous faire masser à L’hibiscus. Pour 60 000 Kips – 6 euros – par personne, nous profitons d’un massage Laotien d’une heure. Nos masseuses nous demandent de nous changer, puis nous lavent les pieds, avant de nous emmener à l’étage, dans une pièce où deux tables de massage sont installées.

Prêts pour le massage !

Une heure durant, les femmes sont aux petits soins, synchronisées à la seconde près : au bout de trente minutes, elles nous demandent de nous mettre sur le dos, exactement en même temps. Nous ressortons du salon relaxés et découvrons que la nuit est tombée. Nous allons alors au marché de nuit, où nous mangeons de la saucisse de Luang Prabang et achetons quelques souvenirs. Nous rejoignons ensuite nos amis Anglais au Lao Lao Garden pour quelques cocktails au fameux Lao Lao, le whisky local à base de riz. Deux cocktails pour 20 000 Kips, difficile de faire moins cher !

Nous rentrons nous coucher de bonne heure car nous comptons partir tôt le lendemain, inquiets de la route qui nous attend. Même si ce n’est que 134 kilomètres, nous avons bien compris que la distance ne comptait plus tellement dans l’équation. Malheureusement, je me réveille à 4h30, avec un mal de ventre similaire à celui qui nous avait empêché de partir de Don Det, quelques semaines plus tôt. Nous faisons rapidement le lien entre le Lao Lao et mon état : les deux fois où j’en ai bu, le lendemain s’est transformé en calvaire gastrique. C’est décidé, plus de Lao Lao pour moi ! Nous ne partirons donc pas le jour même, ce qui nous donne l’occasion de revoir Pierre et Audrey, rencontrés à Kampot il y a plus d’un mois. Nous passons une agréable soirée à l’Utopia puis à Popolo où nous mangeons à nouveau des nachos et des pizzas, accompagnés d’une bonne bouteille de vin.

Le lendemain matin, lever à 4 heures pour assister à la cérémonie de l’aumône typique de l’ancienne capitale. Au soleil levant, les moines défilent auprès des locaux, assis sur de petits tabourets, distribuant une portion de riz dans chacun des grands bols métalliques que les religieux portent en silence. Étant là avant le début de la procession, nous voyons les touristes chinois affluer dans la rue principale et prendre place pour participer. Nous sentons un profond non respect de leur part, braillant à tue tête et agressant à moitié les vendeuses de riz. Aussi nous décidons de nous rendre dans une petite rue parallèle, où seuls quatre locaux de préparent pour l’aumône. La différence est frappante en comparaison à la rue principale : il y avait des centaines de tabourets sur toute la rue, destinés aux touristes. Ici, l’ambiance est beaucoup plus pieuse, le silence profond.

Deux jeunes garçons s’installent avec des paniers vides, nous nous demandons comment ils vont bien pouvoir donner aux moines !

Un jeune garçon s’étire avant la cérémonie

La cérémonie commence, un petit groupe de moines défile en méditant, sans dire un mot aux personnes leur distribuant du riz la tête baissée, en signe de respect. Certains moines donnent une petite portion aux jeunes garçons, visiblement orphelins.

Plusieurs groupes de religieux passent, observant le même rituel bien ancré dans leurs habitudes. Après le dernier groupe, les locaux remballent rapidement leurs affaires, on se demande bien comment ils savent qu’il s’agissait des derniers moines de la procession !

9 Replies to “Luang Prabang – Nouvel an dans l’ancienne capitale royale”

  1. toujours extra vos aventures , et oui cher Alban arrête de picoler … quelque chose me chiffonne , silence radio sur les fruits !!!

    1. Pourtant on se régale : ananas, mangue, banane et autres fruits non identifiés !

  2. Émouvant de voir tous ces moines mais surtout de savoir que les habitants même sans richesse puissent donner !!!!
    En tout cas moi le Laos est un pays que j’aimerais visiter ;
    Je vous félicite de vous lever tôt afin de voir ce qui se passe dans la vie de tous les jours .

    1. Effectivement c’était un moment très émouvant et les Laotiens sont extrêmement généreux, c’est une belle leçon!

  3. Super article encore une fois!! Nous avons pu enregistrer et revoir l émission Faut pas rêver au fil du Mekong, avec notamment louang Prabang et les offrandes aux moines. C est chouette que vous ayez eu l énergie pour y assister. Hâte d avoir vos commentaires oralement !!
    Bravo à Sunrise pour les routes de montagne. 😂😘😘😘

    1. Merci! Nous la regarderons à notre retour…avec nostalgie.

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