Phnom Penh – Entrée au pays du sourire

Départ de l’auberge à 10h30, direction Kaoh San Road pour prendre le bus A4: nous ne voulons pas répéter l’erreur de l’arrivée à Bangkok ! Nous arrivons à l’aéroport pour seulement 50 baths chacun, en bus climatisé s’il-vous-plaît.

Nous prenons un petit encas vendu à prix d’or dans l’aéroport : un ananas et un sandwich pour l’équivalent de 4 pad thaï… Décollage, je ne suis pas très rassuré par l’avion, sachant que l’Asie détient le record de crash aériens sur ces 10 dernières années ! Le vol se déroule sans problème, nous atterrissons même avec 20 minutes d’avance. Arrivés à Phnom Penh, il faut faire notre visa. Nous donnons notre petite fiche accompagnée d’une photo et attendons que les policiers le valident. Ils sont plus d’une dizaine et se font passer les demandes de mains en mains, comme quoi la division du travail existe dans tous les métiers… Pour récupérer le passeport, c’est l’anarchie : ils appellent les étrangers en montrant le passeport, sans respecter un ordre particulier. Je le récupère en moins de 5 minutes et nous attendons bien 20 de plus pour obtenir le sésame de Rébecca, étonnant !

Nous sortons ensuite de l’aéroport et découvrons avec surprise une température beaucoup plus douce qu’à Bangkok. L’air est plus sec, la chaleur beaucoup plus soutenable. Ayant retenu l’expérience du taxi, Rébecca a tout prévu : nous devons prendre le bus 3, juste à droite de la sortie. Nous commençons à attendre devant une place de stationnement bus 3. Il s’avère qu’il ne s’agit que de places de parking pour bus touristique, numérotées de 1 à 4. Pour la simplicité, on repassera. Nous commençons donc à chercher le vrai bus 3. Les Tuktuks nous abordent, nous devons dire non à au moins 10 chauffeurs différents, à raison de 3 ou 4 « No, thank you ! » par interaction. Heureusement que nous avons appris à dire non à Bangkok !

Nous arrivons finalement à un arrêt de bus sans aucune indication dessus. Un énième chauffeur de Tuktuk nous aborde et nous lui expliquons que nous préférons prendre le bus.

« But bus is 1-2 hours »

« Yes but bus is $1 for 2 »

Il comprend que nous ne serons pas client et commence à discuter. À côté de nous, un vietnamien – selon le chauffeur – complétement fou. Il ne cesse de remplir un sac d’air pour ensuite l’écouter sortir tout proche de son oreille. Nous en rigolons avec le conducteur. Il finit par nous indiquer que le bus arrive. Heureusement! Aucune mention du chiffre 3 sur le véhicule, seulement des caractères cambodgiens. Le bus est plein à craquer, nous montons quand même et nous retrouvons au milieu d’une petite centaine de locaux aux yeux écarquillés. C’est la première fois que nous sentons que nous dénotons. Peu de touristes doivent prendre ce moyen de transport… Des cambodgiens se serrent pour nous laisser une place assise, nous sommes 3 sur seulement 2 places. Quelle gentillesse, ce n’est pas à Paris que nous aurions vu ce genre de comportement ! Quelques arrêts plus tard, tous les passagers se tournent à nouveau vers nous, baragouinant des mots en cambodgien. Nous n’avons toujours pas payé et nous nous doutons qu’il faut régler notre trajet. Nous donnons alors $1 qui passe de mains en mains jusqu’au chauffeur. Cette scène est surréaliste, en France quelqu’un aurait forcément empoché le billet avant qu’il n’arrive au conducteur…

1 heure plus tard, nous arrivons au central Market, il fait déjà nuit. Nous sortons du bus et cherchons notre chemin. La circulation est dense, les trottoirs inexistants. Il faut marcher sur le côté en espérant ne pas se faire renverser par un des milliers de deux roues qui passent à quelques centimètres de nous. Ici, le deux roues est roi. Tout se transporte à moto, bonbonnes de gaz, emballages alimentaires et même des stands équipés d’un parasol.

Lorsque nous trouvons un trottoir, nous l’empruntons et découvrons des barrières au bout : les trottoirs ne sont pas faits pour les piétons ici ! Après 10 minutes de marche, nous trouvons notre auberge. Cette fois-ci, nous avons le droit à un vrai matelas et à une salle de bain privative. Encore une fois, pas de bac à douche, juste un trou d’écoulement à côté des toilettes. Et toujours une petite douchette en plus de celle de la douche. Nous apprendrons plus tard que le papier toilette n’existe ici que pour les touristes. Tous les cambodgiens utilisent ce système, comme les thaïlandais.

Nous passons la soirée à chercher une moto sur les différents groupes Facebook et mangeons en face de notre auberge un riz sauté au poulet : délicieux !

Le lendemain, lever à 11h, nous avons fait le tour du cadran ! Nous avons rendez-vous à 13h30 pour essayer une moto que nous achèterons $320 à une Allemande en fin de voyage. Elle est toute équipée : racks sur le côté pour les sacs à dos, porte téléphone, il y a même le casque.

Calage numéro 1

Je rentre seul à moto jusqu’à notre auberge. Je cale plusieurs fois, ça fait vraiment longtemps que je n’ai pas conduit ! Rébecca me rejoint 3 minutes plus tard, il n’y avait que 10 minutes de marche. En garant la moto dans l’auberge, je cale encore une fois devant le billard, en plein milieu du bar. Les cambodgiens rigolent, et ils auraient tort de s’en priver !

Il est 16h, nous nous mettons en quête d’un nouvel endroit où manger. Nous trouvons un restaurant très bon marché où nous prenons… Un riz sauté au poulet ! Je sens que cela va être la base de notre alimentation pendant le mois à venir. La nuit commence à tomber, il est temps de partir en direction du Mékong pour voir la fête de l’eau. Cet événement arrive 1 fois par an, entre fin octobre et fin novembre, au moment de la pleine lune. Les cambodgiens célébrent le moment où le cour du tonlé sap s’inverse : le Mékong est en crue suite à la saison des pluies et commence à se vider dans le plus grand lac d’Asie. En temps normal, le tonlé sap se déverse dans le Mékong pour rejoindre la mer. Phénomène étrange n’est-ce-pas ?Pour l’occasion, feux d’artifices et défilé de bateaux lumineux. C’est beau !

Plus d’une dizaine de bateaux flottent sur le Mékong


En revanche, tous les habitants de Phnom Penh et des environs sont au rendez-vous, profitant de leur jour férié. Il y a des millions de personnes autour du fleuve. La foule est tellement dense que nous mettons 10 minutes pour faire 50 mètres. Pour l’occasion, les cambodgiens vendent tous types articles : libellules lumineuses, ballons et autres jeux pour enfants.

Mickey a la côte, même au Cambodge !

Une fois le feu d’artifice terminé, nous allons boire une bière et un iced tea pour $1 seulement.

Lendemain matin, réveil à 9h. Nous avons plusieurs choses de prévues : acheter un casque pour Rébecca, des sangles pour attacher nos sacs et aller visiter le musée du génocide.

Après un petit déjeuner pour Rébecca et un smoothie mangue pour moi, nous partons à la recherche des équipements pour la moto. Notre quête ne sera pas longue, nous trouverons quelques rues plus loin un magasin qui nous vend un casque pour $17 et nous indique où acheter les sangles. En 30 minutes l’affaire est pliée. Retour à l’auberge pour nous préparer à aller au musée… À moto ! Rébecca monte pour la première fois à l’arrière de la moto. Elle n’est pas très rassurée, et je ne saurais lui donner tort. Pas encore totalement maître de mon véhicule, je cale parfois en plein milieu d’un carrefour. En plus, elle n’a pas l’habitude de l’équilibre de la moto… C’est bien parti pour nos quelques milliers de kilomètres en deux roues ! Nous arrivons à bon port et croisons l’Allemande qui nous a vendu la Honda. J’en profite pour lui demander le prix normal de l’essence et quelques détails… Comme l’emplacement du klaxon et de l’allumage des feux !

C’est parti pour la visite du musée du génocide, alias S-21. Un lieu où ont été torturés et tués quelques dizaines de milliers de personnes lors de la gouvernance des Khmers rouges. Cet endroit n’est pas sans nous rappeler un film que nous avons vu il y a quelques temps, où l’on voit Duch, le directeur de S-21 se lier d’amitié avec un Français. Nous ferons quelques photos de la cour mais respecterons les interdictions à l’intérieur des bâtiments.

Nous écoutons la totalité de l’audioguide, non sans difficulté. Les événements qui ont eu lieu ici sont horribles. Nous pouvons découvrir les anciennes cellules, des photos des gardes et prisonniers – à leur entrée et à leur « sortie »- ainsi que de nombreux systèmes de torture utilisés : noyades, électrochocs, arrachage d’ongles et de seins. Des familles entières y ont souffert le martyr. À la fin de la visite, nous saluons Bou Meng, un des 7 survivants de S-21, présent pour vendre son livre.

Cette visite, quoique difficile et violente, nous aura permis de comprendre un peu mieux le peuple khmer. Une grande partie de la population active a connu, subit ou participé à ces atrocités. Le besoin de réconciliation est très important dans leur culture actuelle et cela serait apparemment à l’origine de cette propension à sourire, selon le guide que nous avons écouté.

Un peu ébranlés par ce moment, nous rentrons à l’auberge avant de dîner à nouveau dans le restaurant trouvé la veille. Nous y goûterons le lok lak ainsi que l’aubergine farcie au riz et au poulet.

En terrasse, Rébecca s’essaie à de nouvelles techniques photographiques

Écoutant le rythme de notre organisme, nous eteignons les feux à 19h30. Demain, départ à 9h pour Kep, à plus de 150 kilomètres.

4 Replies to “Phnom Penh – Entrée au pays du sourire”

  1. C’est vraiment bien que vous soyez aller voir ce musé .Pour comprendre un peuple il faut en connaitre aussi ces souffrances ;
    La fête des lumières !!!!! cela me rappelle quelque chose !!!! très jolies les photos et apaisantes .
    Soyez bien prudent sur la moto .Mieux vaut avoir 5mn de retard que x bobos!!!!! Rebecca courage!!!!!

    1. Oui effectivement c’était vraiment intéressant. On comprend beaucoup mieux la mentalité des cambodgiens après ce genre de visite.

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